lundi, 10 décembre 2018|

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Après Xynthia : la menace de submersion marine prise au sérieux

Suite à l’évènement dramatique survenu en Vendée, baptisé Xynthia, les habitants de la Flandre maritime savent très bien que notre secteur situé sous le niveau de la mer en période de vive-eau, demeure exposé aux assauts de la Mer du Nord en particulier en cas de tempête avec des vents de force 10 à 12 orientés N NE.

La tempête du 1er février 1953 où a été observée une surcote du niveau de la mer de 2,40 m à Dunkerque et de plus de 3,00 m sur la côte néerlandaise, avait provoqué la mort de plus de 2125 personnes aux Pays- Bas, en Belgique et dans le Sud Est de l’Angleterre, l’ouverture de deux brèches dans la digue de l’Est à Dunkerque avec l’inondation des bas quartiers de l’agglomération dunkerquoise ; cet épisode marque encore la mémoire des “anciens”. Or, il s’agissait d’un vent de force 10 et d’une marée de coefficient moyen. Que se serait-il passé ce jour-là, si la dépression observée au large de l’Écosse, de force 12, n’avait pas perdu de son intensité en se déplaçant vers le Sud Ouest de la Mer du Nord et que le coefficient de marée aurait été supérieur à 100 ? Pour les Gravelinois et les associations de défense de l’environnement qui se préoccupent de l’impact des centrales nucléaires, la tempête du 27 décembre 1999 en Gironde a marqué les esprits avec des vagues qui sont passées au-dessus de la digue de protection de la Centrale du Blayais avec pour conséquence l’inondation des galeries souterraines et une perte des circuits de sauvegarde. Que se serait-il passé en cas d’accident nucléaire, si le coefficient observé ce jour-là (77) et la surcote (2,01 m) avait été plus importants ? Pourtant les ouvrages de protection des centrales en bord de mer, devaient être dimensionnés pour faire face à des tempêtes de temps de retour 1000 ans avec un coefficient de marée exceptionnel de 120. Depuis la catastrophe survenue sur la côte vendéenne et les inondations dramatiques dans le Var, l’État par son Ministère de l’Écologie, a décidé d’assumer ses responsabilités en présentant un projet de “plan de prévention des submersions marines et crues rapides” dénommé “plan digues” ; il s’agit pour le moment d’une démarche de concertation où les associations locales concernées, dont l’ADELFA, étaient représentées. Parmi les propositions, il y a lieu de retenir : • non-aggravation du risque dans les zones à danger mortel, • faire en sorte de réduire le déficit de culture du risque constaté dans notre région • identification, diagnostic et mise en sécurité des digues assurant une protection des populations, • mise en place d’une maîtrise d’ouvrage disposant de capacités techniques, financières permettant d’assurer ses responsabilités de gestionnaire, • encourager le conventionnement entre : le gestionnaire d’une digue, le gestionnaire de l’urbanisme et le gestionnaire de la sécurité de la zone, • mise en place par l’État, d’un organisme chargé du contrôle de la sécurité des ouvrages (pôle de compétence envisagé à Amiens), • le plan de modernisation des digues pourra inclure des systèmes naturels tels que les cordons dunaires, lorsqu’ils jouent un rôle de protection des populations, • le renforcement des digues devra être coordonné avec l’évolution du trait de côte, • aucune digue nouvelle ne pourra être autorisée pour ouvrir à l’urbanisation de nouveaux secteurs, • accentuation des contrôles de légalité des permis de construire en zone à risque, • les zones importantes de polders historiques feront l’objet d’une attention particulière en cas d’exposition de la sécurité des personnes ; en revanche, les zones agricoles protégées par des polders ne sont pas éligibles au plan “digues”, • améliorer les plans communaux de sauvegarde. Nous, associations, ne pouvons que soutenir cette démarche en apportant si nécessaire notre contribution s’agissant d’améliorer la connaissance des événements historiques survenus sur le littoral de la Flandre maritime.

 
A propos de adelfa.org
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