vendredi, 17 août 2018|

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Dunkerque : l’économie de la fête

Le terminal méthanier : « un chantier majeur, l’un des plus grands d’Europe... un signal fort d’attractivité du territoire...une nouvelle dynamique économique... un chantier qui permettra une amélioration considérable des compétences humaines du Dunkerquois... Dunkerque n’avait pas été à pareille fête depuis les travaux de réalisation de l’avant-port Ouest en 1973... ». Avec cette implantation à Loon-Plage, le dernier bulletin municipal de Dunkerque retrouve tous les superlatifs, avec le risque de s’enivrer de la bonne opinion de soi-même.

Un comité de pilotage du terminal méthanier ?

À l’ADELFA, on aime la fête. Mais pas la griserie qui déforme les appréciations sur certains sujets. Jusqu’à présent, selon les investisseurs dans ce projet, celui-ci coûtera près de 2,5 milliards d’euros et créera 50 emplois directs et 150 emplois indirects (et non 1,3 milliard d’euros et 250 emplois directs et indirects). Le chantier nécessitera 1 200 à 1 850 “collaborateurs” entre 2011 et 2015 (Communiqué du GPMD, juin 2011)... sans trop savoir qui sont ces collaborateurs, combien seront dunkerquois et comment sont, d’ores et déjà, envisagés les dispositifs de reconversion pour les locaux.

Foin des bocks et de la limonade donc ! L’ADELFA aurait apprécié du solide : des informations, de la concertation, de quoi envisager effectivement un développement durable. L’ADELFA vient d’interpeller la CNDP à propos d’un comité de pilotage du terminal méthanier qu’EDF s’est engagé à mettre en place, sous l’égide du sous-préfet de Dunkerque et en associant tous les acteurs concernés.

C’est ce que comportait la première décision d’EDF de poursuivre le projet, le 8 juillet 2008. Depuis peu de choses : EDF tergiversait. La décision finale d’investissement de la part d’EDF est tombée le 29 juin 2011. Depuis : rien ! Au total, en trois ans : deux réunions du S3PI (les 18 juin 2008 et 5 mai 2009) pour présenter l’état d’avancement du projet et un exposé succinct et sélectif de résultats d’études.

Or, des résultats d’études sont encore attendus. Ainsi, depuis 2009 et dans le cadre de l’instruction de dossiers par l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire), ceux concernant l’impact des travaux de creusement du tunnel sur la centrale nucléaire. Le marché de construction de ce tunnel de 5 km de long, passant sous le chenal du Port Ouest, a été attribué à un consortium (Bessac-Razel-Terrasol) mais l’avis de l’ASN n’est toujours pas donné - y compris en CLI de la centrale.

Idem pour les études devant permettre l’élaboration d’un arrêté du préfet maritime sur la circulation des méthaniers. Et ce, alors que des industriels commencent à poser des questions sur le trafic dans le port Ouest (ARCELOR notamment, dans la presse locale). En 2010, il restait encore à préciser les conditions de circulation dans le Chenal Ouest.

Et puis il y a les questions en suspens (voir Grains de sel n° 34). Et puis il y a les projets inconnus (voies d’accès terrestres et maritimes au terminal) et les nouveaux projets : la construction d’une canalisation pour le transport de GNL non odorisé entre Pitgam et Furnes...

Pour l’heure, le président de la CNDP a répondu à l’ADELFA en indiquant qu’il attirait l’attention d’EDF sur la mise en œuvre du comité de pilotage « en lui demandant de respecter les éléments de sa décision ». Le sous-préfet de Dunkerque n’a pas encore répondu. L’ADELFA attend. Pas de quoi se réjouir !

Et le comité de suivi ?

Avant les autorisations préfectorales données au GPMD et à Dunkerque LNG, le préfet avait signé, le 31 juillet 2009, un arrêté portant dérogation au titre de l’article L. 411-2 CE. Cet arrêté a instauré un comité de suivi qui doit s’intéresser aux mesures compensatoires d’évitement et d’atténuation ainsi qu’aux mesures d’accompagnement liées à la destruction ou au déplacement d’espèces faunistiques et floristiques protégées. Il s’est réuni trois fois : les 20 octobre 2009, 20 avril et 24 novembre 2010.

Autant dire que les associations y siégeant sont sur le pas de la porte. Pas de quoi se réjouir ! Elles auraient pourtant bien souhaité interroger le fait que les sternes naines ne nidifient plus au Clipon depuis deux ans.

Peut-être qu’il est de grandes fêtes qui ne peuvent se dérouler qu’à huis clos ? À côté d’autres dites “populaires” que les décideurs politiques et économiques organisent spécialement. Avec un enthousiasme débordant, mais sans se poser de questions. Comme la fête dite “environnante” des Assises de l’économie de la mer.

 
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