mercredi, 29 janvier 2020|

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Élevages industriels : à Socx un dossier qui “fait mouche”

Suite à la levée de boucliers de la population contre des projets d’implantation ou d’extension de porcheries industrielles à Houtkerque, Bambecque, Nordpeene, Hondschoote, les services préfectoraux avaient “mis la pédale douce”. Il faut dire qu’en “retoquant” l’arrêté du Préfet en faveur de la porcherie de Houtkerque, le tribunal administratif avait infligé un sérieux revers à son auteur. Depuis lors, calme plat. Les dossiers seraient, dit-on, en attente… Sauf toutefois à Socx où profitant, semble-t-il, de l’accalmie, le GAEC Ley a tenté sa chance : elle a tout simplement anticipé la construction de son propre équipement avec l’accord du maire de la commune qui, selon lui, aurait eu l’autorisation de la préfecture pour que la Gaec puisse passer aux actes sans même attendre qu’ait lieu l’enquête publique réglementaire ! C’était sans compter avec la vigilance d’un habitant de cette petite commune dortoir au sortir de l’autoroute Dunkerque-Lille, qui a pris contact avec l’ADELFA et DEFI, au moment même où l’enquête publique avait été lancée dans l’indifférence apparemment la plus totale. Voilà en tout cas qui a permis d’éviter le passage en force, et ce au grand dam du maire et des demandeurs. En effet, si les trois premières permanences tenues par le commissaire enquêteur n’ont pas drainé des foules, six avis défavorables ont néanmoins été recueillis. Après l’intervention associative, ces six avis se sont ensuite enrichis de 28 autres prises de position. Preuve s’il en est que le dossier contradictoire présenté par les associations précitées avait fait mouche, des contradictions apparaissant alors au niveau des réponses fournies par les demandeurs et du point de vue du commissaire enquêteur. C’est alors que, pour faire prospérer quand même ce dossier, deux « avancées technologiques » furent proposées par ses défenseurs : le recours à des bactéries pour limiter les émissions de mauvaises odeurs et un élevage de… mouches “tueuses” pour éviter la prolifération des mouches “domestiques”… Ces pratiques ont été instaurées en 1997 en Bretagne, mais – ce qui n’était pas précisé – abandonnées ensuite par la plupart des éleveurs pour la raison bien simple qu’il n’est pas aisé de se faire à la fois éleveur de porcs et éleveur de bactéries et de mouches ! Un argument auquel ne fut pas sensible le commissaire enquêteur qui estima que, puisqu’il n’y avai jamais eu de plaintes de riverains contre les mauvaises odeurs, eh bien cette avancée ne pouvait aller que dans le bon sens. Et puis, s’agissant de la construction des silos et des bâtiments, on n’allait quand même pas les démonter, puisqu’aussi bien un permis de construire avait été délivré… On en est là. Reste à savoir désormais comment vont agir les services préfectoraux suite à cette « avancée technologique », lorsque il s’agira de défendre le dossier devant le CODERST, la commission en charge de l’hygiène et de la sécurité. D’aucuns pensent que les cochons sont déjà en train de rire dans leurs porcheries dans l’attente de la sage décision qui risque d’être prise.
E. Kociszewski

 
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