mercredi, 29 janvier 2020|

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En projet, une canalisation France-Belgique : on ne nous dit pas tout !

Le 5 mai dernier, on lisait dans le Figaro ces quelques lignes : « GRT Gaz envisage de créer une interconnexion entre la France et la Belgique pour un coût de 100 millions d’euros afin d’exporter du gaz vers la Belgique. 40 % des capacités du terminal pourraient alimenter le marché belge, le reste étant destiné au marché français ». Intrigués, nous avons découvert, sur ce sujet, des documents très officiels, mais belges !

Début 2010, La Commission de régulation de l’électricité et de gaz (CREG) a publié une étude relative à la possible connexion entre le terminal méthanier de Dunkerque et le réseau de transport belge. (F100211-CREG945-11 février). On peut y lire :

L’enjeu pour EDF est d’apporter du GNL “par le plus court chemin” sur la plateforme de négoce de Zeebrugge et de pourvoir ses centrales électriques en Belgique de gaz naturel de manière modulable. (p. 2)

Le 27 juin 2007, EDF a annoncé avoir conclu un contrat via sa filiale à Londres (EDF Trading) avec Exxon-Mobil en vue de reprendre sa capacité pendant 4 ans. Cela signifie que jusqu’au 27 juin 2011, EDF peut développer des activités liées au GNL à Zeebrugge. (p.4)

Pour pouvoir évaluer une nouvelle connexion entre la France et la Belgique, il est important de comprendre le projet en France qui alimente cette connexion. L’intention de procéder à la connexion avec la Belgique découle de plans avancés de construction d’un terminal GNL à Dunkerque et du souhait explicite du concepteur du projet, le groupe énergétique EDF, de connecter ce terminal à la plate-forme de négoce de Zeebrugge. On peut déduire du débat et de la position qu’EDF détient en Belgique (acquisition de SPE*, construction de nouvelles centrales électriques à gaz, préoccupation au sujet de la flexibilité pour les centrales électriques à gaz) et au Royaume-Uni qu’EDF vise à approvisionner le marché belge et à fournir du gaz naturel à son marché au Royaume-Uni. Le groupe EDF possède une part de marché relativement restreinte en France en tant que fournisseur de gaz naturel et doit sa force à sa position de producteur d’électricité en France et au niveau mondial. (p.7)

Le gaz naturel doit être odorisé en France

Le succès des négociations d’EDF avec des expéditeurs dépendra, entre autres, de la manière dont se présentera la connexion avec Zeebrugge. (p.8)

La connexion en question est une canalisation qui reliera Pitgam à Furnes pour le côté français. Une canalisation directe (projet 1) entre le terminal et Zeebrugge a été exclue. Cette canalisation en boucle (projet 2 et 3) doit permettre le transport transfrontalier de gaz naturel non odorisé d’un réseau à un autre. Cela nécessite des interventions du côté français car le gaz naturel doit y être odorisé sur le réseau de transport alors qu’en Belgique, cela se produit uniquement en cas de couplage avec les réseaux de distribution. (p.23)

Nous ne savons pas d’où vient le pourcentage des 40 % susceptibles d’être importés en Belgique. Mais nous savons maintenant que la concurrence avec le terminal méthanier de Zeebrugge (et ce port) est très relative…

Et pourquoi le GNL, entre le terminal de Loon-Plage et la station de Pitgam, ne peut être odorisé, contrairement à ce qui se fait partout en France… Une explication que, lors de l’enquête publique, GRT-Gaz s’était abstenue de donner, évoquant à l’époque le prétexte fallacieux de non-dangerosité du GNL !

Le tracé de ce gazoduc-bis impactera (voir schéma) des exploitations agricoles sur les territoires de Pitgam, Crochte, Socx, Bissezeele, Quaedypre, Wylder, West-Cappel, Rexpoëde, Oost-Cappel et on n’en savait rien. Bel exemple de non-transparence à l’actif de ces autres champions auto-proclamés du développement durable…

 
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