vendredi, 21 septembre 2018|

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Enfin des risques minorés aux APF, voisins de la centrale nucléaire

Voilà des décennies que l’ADELFA avait pointé du doigt l’incongruité qu’il y avait à continuer de faire cohabiter à Gravelines la centrale nucléaire et le dépôt des Appontements Pétroliers des Flandres (APF), site Seveso seuil haut et filiale de Total en service depuis 1974.

Certes entre les deux sites, EDF, dernière venue dans le secteur, avait été contrainte d’aménager une butte censée protéger les réacteurs distants de quelque 250 mètres des risques d’explosion d’une des cuves, voire de plusieurs en cas d’effet “domino”. Une protection non négligeable certes, mais aléatoire dans la mesure où un phénomène de boil-over, soit en clair la projection à la verticale d’une boule de feu aux effets dévastateurs, pouvait fort bien advenir. En effet si un tel accident se produisait, la butte précitée n’aurait pas constitué un rempart efficace, de beaucoup s’en faut.

(au fond : les dômes de la centrale nucléaire)

L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) avait fini par s’émouvoir de cette cohabitation pas géniale du tout. C’était à l’occasion de la réunion plénière de la CLI de la centrale de Gravelines, le 11 février dernier. Une inquiétude partagée après Fukushima par la mission parlementaire venue enquêter en juin à Gravelines sur la sécurité nucléaire…

Quoi qu’il en soit - et l’on dira qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire, encore que l’on aurait dû s’y prendre bien plus tôt ! - suite à un passage en Coderst en octobre dernier, le branle-bas de combat a été sonné sur le site des APF où a été entreprise la vidange du pétrole brut contenu dans sept des principaux réservoirs pour le remplacer par du gazole, réputé moins accidentogène.

Cette opération, on s’en doute, ne peut se faire illico presto. Il importe en effet que les intervenants veillent à ce qu’elle soit menée en toute sécurité, que notamment il n’y ait aucun déversement accidentel d’hydrocarbures en mer au risque autrement d’altérer la source froide, c’est-à-dire l’eau de mer destinée à refroidir les réacteurs. De même, on ne pourra remplacer dans les bacs le pétrole brut par du gazole sans qu’auparavant il soit procédé avec des détergents au nettoyage des bacs et des canalisations reliant l’appontement.

Ceci admis, il s’agit là indéniablement d’une démarche positive. L’ADELFA estime néanmoins qu’il aurait peut-être encore été plus judicieux de transférer l’ensemble du dépôt sur le site de la raffinerie Total, de Mardyck, qui, depuis qu’elle a arrêté sa fabrication, a vocation, fut-il annoncé, à demeurer la zone majeure de stockage des produits pétroliers.

Un exercice d’incendie probant

Le 28 septembre dernier, alors que les modifications à intervenir dans l’exploitation du site des APF n’en étaient encore qu’au stade des discussions, Paul Dupont, missionné par l’ADELFA, avait pu participer en tant qu’observateur à un exercice du Plan d’Opération Interne (POI). En l’occurrence, il s’agissait de mettre en œuvre des moyens de secours suite à un incendie simulé sur un bac, le D6, le plus proche de la centrale nucléaire. Ce bac contenait 9000 m3 de pétrole brut, en l’occurrence du crüde, soit beaucoup de produits sulfureux provoquant des “chancres” importants.

De l’avis de notre ami, les intervenants, pompiers et service sécurité appontement se sont montrés tout à fait compétents. Ils disposent de moyens importants et ont pu ainsi, tout en luttant contre le sinistre fictif, assurer la protection des réservoirs les plus proches en mettant en œuvre des rideaux d’eau et des produits extincteurs situés sur le dôme des bacs.

Désormais, compte tenu de la nouvelle organisation du site telle qu’évoquée ci-dessus, il conviendra de procéder à un examen sérieux de la tôlerie interne de l’ensemble des bacs (une dizaine au total). Ils ont pu être peu ou prou altérés par la corrosion après plus de 30 ans d’usage pour certains d’entre eux.

Rendant compte de l’exercice, Paul Dupont indiquait en conclusion : « à mon humble avis, il est incompatible de conserver des réserves aussi importantes de produits dangereux à proximité d’une centrale nucléaire ! » Un avis qui a donc été partiellement entendu…

 
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