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Pour une bonne gestion de la ressource en eau

Le Mag’ de février 2011, le bulletin de la CUD, titrait ainsi un article débutant sur les questions : Comment préserver la ressource en eau potable ? Sur la base de quels investissements ? Quelles actions ? L’article apportait peu de réponses, indiquant surtout une rencontre entre SMAERD et Agence de l’eau.

Des représentants de l’ADELFA et la CLCV de Grande-Synthe participent aux réunions de la Commission consultative des services publics locaux de la CUD. Le 15 septembre 2011, la réunion portait sur le service de l’eau. De toute évidence, la question « Comment économiser l’eau ? » ne concerne pas que les particuliers...

Eau potable, eau industrielle

« L’eau est une richesse collective et il faut respecter les règles de répartition de cette ressource  » déclarait en février M. Delebarre, président du SMAERD, le Syndicat Mixte pour l’Alimentation en Eau de la Région Dunker­quoise qui supervise l’alimentation en l’eau.

Du fait de la part importante de la consommation en eau faite par les entreprises, le SMAERD a deux services, et deux réseaux : celui de l’eau potable et celui de l’eau industrielle, non potable.

Pour l’eau potable, le Dunkerquois ne dispose d’aucune ressource suffisante sur son territoire et dépend de l’Audomarois. Le SMAERD possède 16 forages dans le champ captant de Houlle-Moulle situé à une dizaine de kilomètres au nord-ouest de Saint-Omer. L’eau est tirée d’une nappe de craie qui doit parfois être rechargée avec de l’eau de la Houlle (dite eau de surface), en cas de manque de pluies. La ressource en eau industrielle provient du Canal de Bourbourg lui-même alimenté par l’Aa. Les prélèvements de cette eau de surface y sont limités, d’autant que l’Aa est aussi connectée à la Scarpe, la Lys et au réseau belge.

Gérer l’eau potable

L’autorisation de prélèvement dans la nappe “Houlle-Moulle” est de 19 millions de m3 (Mm3) par an pour le SMAERD – qui n’est pas le seul utilisateur. Une étude (2010-2011) pour le compte du Schéma d’Aménagement et de gestion de l’eau (SAGE) de l’Audomarois prévoit les évolutions des besoins en eau potable dans le Dunkerquois : « La production est proche du maximum possible pour le champ captant d’Houlle-Moulle, mais les besoins futurs - relativement stables - devraient être assurés étant donné la stabilité démographique. » [ndlr : stabilité car baisse de population mais plus de foyers]. La tendance de consommation en eau potable par les particuliers, à l’horizon 2015, serait de + 0,2 Mm3 par an.

En 2010, le prélèvement d’eau potable a été de près de 15,2 Mm3 soit 80 % de l’autorisation. Le SAGE de l’Audomarois fixe comme principe de gestion que la différence entre volume autorisé et volume prélevé doit être conservée à des fins de sécurisation de l’alimentation en eau potable. Il ressort donc que le SMAERD ne dispose que d’une petite marge de manœuvre.

Gérer l’eau industrielle

Actuellement la consommation du Dunkerquois en eau industrielle est de près de 24 Mm3, avec une augmentation de 8,4 % entre 2009 et 2010. L’étude citée précise : « une ressource adaptée doit être recherchée ». D’autant que le Port annonce des besoins augmentés, à l’horizon 2015, entre 2,5 et 5 Mm3 de plus par an.

Pour cette eau industrielle, il n’est pas trop question de l’économiser. Le projet, du côté du SMAERD, est de profiter du renouvellement d’autorisation de prélèvement dans le Canal de Bourbourg pour « aménager les contraintes ». « Une des hypothèses serait le transfert sur Bourbourg d’une partie des volumes autorisés sur Moulle soit 500 m3 par heure » [ndlr : alors que l’autorisation de prélèvement dans la Houlle est de 2100 m3 par heure]. En clair, ce projet revient à diminuer la marge de sécurité d’approvisionnement en eau potable, sauf à acheter de l’eau dans le Calaisis notamment (avec interconnexion de réseaux) contrairement à l’eau de “Houlle-Moulle” qu’il ne faut pas acheter puisque le SMAERD est propriétaire de forages dans cette nappe.

Gérer eau potable et eau industrielle

Une entreprise a besoind’eau potable et d’eau industrielle. Pour la première, l’étude citée indique qu’« Actuellement, le Dunkerquois ne pourrait subvenir aux besoins d’une entreprise grosse consommatrice d’eau potable  ». Or, dans les projets à concrétiser rapidement, il y a celui de la desserte du terminal méthanier : « Il appartient au Syndicat d’assurer sa desserte avant le démarrage du chantier. Le financement, prévu dès 2010, s’élève à environ 250 000 € TTC par linéaire de 1 km, avec un passage sous le Canal des dunes. Il est à la charge du Syndicat et non du GPMD dans le cadre de la convention bilatérale en vigueur depuis 2000. Le Syndicat livrera au maximum 90 m3 par heure, débit compatible avec le réseau d’eau potable en amont, pour les différentes phases de construction  ». [ndlr : 3 500 m3/h autorisés].

Décidément, l’implantation de ce terminal méthanier réserve bien des questions... et des surprises. En clair, non seulement les Dunkerquois vont subir les dommages collatéraux de cette opération mais, en plus, ils sont appelés à financer, via une large quote-part, des investisseurs qui disposent de gros moyens financiers - et qui ne leur laisseront, tout bien pesé, que des miettes.

Économiser l’eau !

Au sortir de telles réunions, la conclusion évidente est que, décidément, dans le Dunkerquois, la question d’économiser l’eau se pose moins pour les particuliers que pour les industriels.

Peut-être leur faudrait-il aussi des plaquettes d’information, des animations, des explications sur l’aménagement du territoire. En plus de récupérer l’eau de pluie, de mettre des réducteurs de débit aux robinets, de prendre des douches plutôt que des bains et en plus des autres pratiques d’économie qu’adoptent les particuliers.

Comment ne pas être abasourdis par la réflexion d’un gestionnaire, en cours de réunion : « Il faut quand même de la bonne eau pour le béton d’un terminal méthanier » ? De l’eau potable qu’il faut préserver !

 
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