mardi, 27 octobre 2020|

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Incidents : la centrale nucléaire en pôle position

Record annuel d’ores et déjà battu. Le quatrième trimestre 2012 n’était pas encore entamé que la centrale nucléaire de Gravelines battait un record auquel EDF aurait volontiers renoncé : celui des incidents. 13 à l’époque, de niveau 1, venant s’ajouter aux 37 “écarts” enregistrés lors du même laps de temps. Voilà qui faisait donc un compte rond de 50 “événements”…

Révélée lors de la Commission Locale d’Information (CLI plénière) du 28 septembre, l’information, comme on dit, interpelle tout un chacun. Elle a suscité bien sûr de la part du nouveau directeur de la centrale, des représentants de l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de… l’ADELFA des commentaires divergents, comme l’on peut s’en douter.

Pour l’exploitant : en somme il n’y a pas le feu au lac.

En effet, expose M. Assice, aucun des incidents n’a eu, selon la formule consacrée, de conséquences sur la santé et la sécurité du personnel et de la population. Leur survenue serait en partie liée au fait qu’en 2012, le CNPE aura connu beaucoup d’opérations de maintenance consécutives aux visites décennales et à la mise en application des Évaluations Complémentaires de Sûreté (ECS) ordonnées dans la foulée de la catastrophe de Fukushima. Le directeur admet toutefois qu’il convient de redresser la barre. D’où la mise en application à terme rapproché d’un énième plan d’action anti-incidents et un renforcement de la surveillance des installations.

Ces incidents de niveau 1 sont essentiellement dus à des non-respects de prescriptions permanentes, à des risques de non tenue au séisme ou à des indisponibilités de matériels (diesels de secours, alarmes incendie, systèmes de ventilation de secours ou d’injection de sécurité en cas d’accident grave). EDF cherche à nous rassurer en mettant en avant qu’il n’est rien arrivé en terme de conséquences réelles, mais ces écarts – lorsqu’ils surviennent en phase d’accident – peuvent avoir de graves répercussions et sont toujours le signe d’une vigilance relâchée. C’est un peu comme si nous prenions des libertés avec le code de la route, de reconnaître par exemple que l’on a brûlé un feu rouge, mais d’arguer que cette fois-ci il n’est pas survenu d’accident ! Ce n’est pas faux, mais le risque potentiel de causer un accident était alors très élevé… Dans le domaine du nucléaire, dès que l’on “sort des clous”, cela peut entraîner des conséquences incalculables.

Qui plus est, les incidents “radioprotection” doivent également nous interpeller. Ainsi, lorsque des salariés prennent des doses de radioactivité – même si elles sont faibles et réputées sans danger immédiat pour la santé – c’est là encore un révélateur de dérives vis-à-vis des règles d’exploitation, liées à un manque de rigueur, ou encore un manque d’encadrement surtout concernant des “primo intervenants” toujours plus nombreux, c’est-à-dire des agents qui ne sont pas totalement rompus aux bonnes pratiques que nécessite le secteur de la maintenance nucléaire. Récemment des agents du CNPE de Gravelines ont bien été faiblement contaminés même si ce ne sont ici que des faibles doses censées être rapidement éliminées par l’organisme. Quid des conséquences à long terme sur leur santé ?

Cette recrudescence d’événements de niveau 1 doit nous alerter.

Il n’y a pas que le vieillissement des installations qui pose la question de la sortie du nucléaire en France, mais aussi la diminution – reconnue par EDF - des compétences internes et des prestataires du fait du recours grandissant aux primo intervenants et de la difficulté à renouveler les compétences sur certains métiers.

 
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