vendredi, 17 août 2018|

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Inondations et submersion  : ça n’arrive pas qu’aux autres  !

Pour ceux qui en douteraient encore, les changements climatiques sont bien là qui apportent leur lot de phénomènes extrêmes. Après les inondations et tempêtes à répétition du début d’année, qui ont touché le littoral breton et atlantique, c’est au tour des régions méditerranéennes d’être touchées depuis septembre de manière importante et répétée.

Pour mémoire 14 des 15 années les plus chaudes au niveau mondial sont toutes postérieures à l’an 2000, et l’année 2014 est bien partie pour être la plus chaude que nous ayons jamais eue à ce jour. Du coup les températures des océans et de la Méditerranée sont supérieures à la normale, ce qui augmente de manière importante la quantité d’humidité contenue dans les nuages. Et lorsque ces derniers arrivent sur le front froid des Cévennes, c’est le déluge assuré, les inondations mais aussi des morts (29 cette année au titre des inondations)

Il convient de savoir que les précipitations sont qualifiées de fortes dans notre région dès lors qu’elles dépassent les 10 mm de pluie journalière, ce qui s’est déjà produit maintes fois. Ainsi, il est tombé 83 mm le 14 octobre 2013 au Touquet. Ardres pour sa part a connu 4 arrêtés de catastrophe naturelle en 10 ans avec 230 mm de précipitations en novembre 2012, et 50 mm en 2014. Enfin, en novembre il est tombé en une journée 40 mm dans le Boulonnais et même 60 mm à Saint-Léonard. Aussi est-il naïf de croire que nous serons éternellement épargnés.

Notre région  : particulièrement vulnérable  !

S’agissant de notre région, il convient de rappeler que nous sommes en zone particulièrement vulnérable, située sur un ancien polder plus bas que les eaux de haute mer, appelé autrefois “Pays Bas du Sud” où vivent 500 000 habitants dans un triangle Calais/Saint-Omer/Nieuport (Belgique). Facteur aggravant, nous sommes situés en zone à risques technologiques importants, avec une quinzaine de sites Seveso et la plus grande centrale nucléaire européenne, située en bord de mer. Particularité locale, l’évacuation des eaux en mer via notre réseau de wateringues n’est possible qu’à marée basse, ou au moyen de pompes lors des marées hautes.

Vous l’aurez compris, le nœud bloquant se situe au niveau des capacités de pompage limitées, qui ne savent pas absorber les précipitations diluviennes consécutives aux changements climatiques.

Le GIEC nous annonce que se développeront également des tempêtes plus intenses et fréquentes, et Xaver début décembre 2013 a porté le niveau de la mer à Dunkerque à seulement 46 cm du niveau de la tempête de 1953, qui avait fait 1 800 morts aux Pays-Bas et percé la digue des alliés, inondant Rosendael.

S’agissant de l’élévation du niveau de la mer attendue d’ici 2100, le GIEC prévoit 1 mètre. L’élévation à Dunkerque est déjà de 9 cm depuis 1955 et plus le niveau montera, plus l’évacuation à la mer des eaux intérieures sera difficile.

Vivre avec la nature et non contre elle

Si les humains vivent depuis plus de 1 000 ans dans ce polder conquis sur la mer, et que le réseau et l’organisation des wateringues datent de cette époque, le réchauffement climatique constitue une situation nouvelle et une rupture.

Si à l’avenir, nous devons nous adapter à cette nouvelle situation, il ne faudrait pas oublier pour autant que c’est bien l’activité humaine qui est responsable du réchauffement climatique. Aussi devons-nous sans attendre lutter pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre ainsi que notre pression sur la terre, qui exigerait aujourd’hui l’équivalent d’une planète et demie.

Au-delà du blabla habituel sur fond de développement durable, nous n’en prenons hélas pas le chemin. Installés dans la consommation à outrance et convaincus de notre maîtrise technologique toute puissante, nous avons oublié les contraintes naturelles et trop souvent maltraité la nature et ses écosystèmes. Il nous faudra à l’avenir reconsidérer nos rapports à l’environnement, pour vivre avec la nature, la respecter et non plus agir contre elle.

Alain Vandevoorde

 
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