samedi, 25 janvier 2020|

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La bactérie tueuse : une affaire de traçabilité

L’Europe vient d’assister en direct à un crash-test de la traçabilité des produits alimentaires sur son sol. La bactérie tueuse Escherichia Coli (Eceh) a fait des gros dégâts principalement en Allemagne où l’on a dénombré une trentaine de décès, tandis que chez nous son homologue, sous la forme d’une souche fort heureusement atténuée, a sévi via des steaks hachés qui n’ont pas épargné un tout jeune Dunkerquois, maintenant hors de danger.

Voilà qui est symptomatique d’une situation où l’on a perdu, chemin faisant, et le principe de précaution, et la nécessaire coordination des interventions au titre de la solidarité européenne. Il a fallu en effet que l’Allemagne dénonce abusivement l’Espagne, suspectée d’empoisonner ses ressortissants avec des concombres dits contaminés pour que la machine s’emballe et échappe à tout contrôle. Alors que si les produits suspectés avaient fait l’objet d’une bonne traçabilité, on serait remonté très vite vers le producteur, son entreprise, sa région, le type de produit, la date de cueillette, sa destination. Et l’on aurait pu plus rapidement endiguer la pandémie.

Par-delà l’impact sur de malheureuses victimes et sur un marché largement impacté par une suspicion infondée, le fond du problème est que l’on assiste à l’émergence de toutes sortes de bactéries inconnues ou dont la nocivité apparaît imprévisible.

« Il y a toutes sortes de bactéries qui n’existaient pas auparavant et qui sont produites dans les bacs de fermentation » a ainsi déclaré Bernt Schottdorf, patron d’un laboratoire médical à Augsbourg (Allemagne). « Elles produisent des hybrides, se mélangent les unes aux autres sans que l’on ait étudié ce qui se passe vraiment », a-t-il ajouté, soulignant que plus de 80 % de ces produits sont ensuite utilisés pour fertiliser les terres.

Ernst-Günther Hellwig, président d’une académie vétérinaire et agricole, a souligné, quant à lui, qu’il avait plu insuffisamment au cours du printemps, ce qui laissait à penser que les plantes n’avaient pas été suffisamment débarrassées de ces engrais « naturels. »

Dans le même temps, il a été signalé chez nous que les services d’assainissement de la ville de Lyon avaient eu recours à l’époque à l’eau des stations d’épuration jugée convenable pour l’arrosage. D’autres exemples comparables ont été cités, mettant en cause cette fois des entreprises de production utilisant de l’eau retraitée en premier lavage, puis si nécessaire l’eau de puits, ceci sans qu’on ait eu l’assurance d’un contrôle sanitaire préalable…

La nature a doté la plante de filtres naturels, interdisant aux bactéries de la coloniser. Une des possibilités d’y parvenir, c’est le passage en force de ces contaminants par des blessures, soit au niveau de la racine, soit de tout autre endroit en contact avec la zone infectée. À noter que ce processus de filtrage pouvait néanmoins être efficace jusqu’à l’apparition des OGM qui ont vu les bactéries s’adapter à cette nouvelle donne. Comment s’étonner dès lors que l’on assiste un jour à un inquiétant dérapage tel que celui qui vient de se produire en Allemagne ? Les bactéries y ont trouvé un terrain favorable pour proliférer et muter. Sur des terres où prospèrent les élevages de bovins, de porcs, les poulaillers industriels, où prolifèrent les unités de méthanisation, l’on se retrouve donc immanquablement au cœur d’une zone de pandémie.

Y a-t-il encore quelque chose à faire pour espérer échapper à ce risque bien réel comme on vient d’en avoir la preuve ? Oui, acheter de préférence ses légumes chez un maraîcher local ou régional, transparent quant aux amendements qu’il utilise. Et bien sûr laver soigneusement tous les légumes crus, dont il n’est pas dit qu’ils n’ont pas été affectés à un moment ou un autre par des épandages ou des résidus de méthanisation mal contrôlés.

 
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