mercredi, 17 octobre 2018|

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La transition énergétique doit aller au-delà des discours

L’Association des Journalistes de l’Environnement (AJE) a adressé au Premier Ministre, Jean-Marc Ayrault, une lettre ouverte dénonçant la lenteur de la mise en œuvre de la transition énergétique, pourtant présentée par le Président de la République comme “une priorité de sa nouvelle mandature” : «  La France, et j’en prends l’engagement, déclarait-il en septembre dernier, se mobilisera dans la transition énergétique… Cette stratégie est fondée sur deux principes  : l’efficacité énergétique d’une part, et la priorité donnée aux énergies renouvelables d’autre part.   »

Cette voie, notent l’AJE et les associations(1) qui la soutiennent, est défendue depuis toujours par nos associations. Cependant votre gouvernement a pris depuis un certain nombre de décisions qui vont en sens inverse et creusent l’écart entre l’ambition affirmée et la réalité.

Un cap a été fixé, encore faut-il s’y tenir

Pour ne citer que quelques exemples  :

Le Président s’est engagé à réduire de 75 à 50 % la part du nucléaire dans la production d’électricité d’ici à 2025. Vous avez vous-même exprimé la nécessité de rompre avec le tout-nucléaire, le jugeant antinomique avec cette société de sobriété que nous voulons promouvoir. Dès lors comment justifier que la première action de la Banque publique d’investissement, soutenue à hauteur de 50 millions d’euros par l’État, consiste à soutenir la filière nucléaire  ? […].

Par ailleurs, si la France souhaite réduire la part du nucléaire, pourquoi continue-t-elle à l’étranger de promouvoir cette filière comme “une filière d’avenir”, par la voix du Président de la République, de la ministre du Commerce extérieur et du ministre du Redressement productif  ? […].

Alors que la transition énergétique suppose de sortir de notre dépendance aux énergies fossiles, ce dernier a dernièrement laissé entendre que la France allait se lancer dans l’exploitation du gaz de houille en Lorraine. La recherche d’un nouvel eldorado fossile n’est-elle pas incompatible avec la nécessité d’engager la transition énergétique  ? Nos associations vous rappellent que l’Agence Internationale de l’Énergie préconise de laisser près d’un tiers des réserves prouvées de fossiles dans le sol d’ici 2050 afin de limiter le réchauffement de la planète en deçà du seuil dangereux de 2°C […].

Alors que le secteur des transports dépend pour près de 100 % du pétrole et alourdit d’année en année notre facture énergétique, plusieurs décisions sont aussi intervenues pour privilégier le transport routier et aérien au détriment des autres modes de transports moins polluants. Devons-nous en déduire que les transports sont exclus du périmètre de la transition énergétique  ?

Monsieur le Premier Ministre, vous l’aurez noté, le message que nous vous adressons aujourd’hui est ponctué d’interrogations légitimes face à une politique qui a largement dévié du cap annoncé lors de la Conférence environnementale […]. Un cap a été fixé, encore faut-il s’y tenir. A.V.

Ex-éolienne à Dunkerque. Ex-ferme éolienne au Clipon.

(1) Publiée par la “Gazette nucléaire”, publication du GSIEN, cette lettre ouverte a été signée par Humanité et biodiversité, Effet de serre toi-même, Attac, WECF, Surfrider, CLER, Helio International, FNE, Greenpeace, Les Amis de la Terre, Écologie sans frontière, Agir pour l’Environnement, Réseau Sortir du Nucléaire, Fondation N. Hulot, Réseau Action Climat, FNAUT.

 
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