vendredi, 21 septembre 2018|

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Les agrocarburants n’ont plus la cote

...Diester Industrie arrête l’unité de Cappelle

Le Parlement européen a décidé dernièrement de donner un coup de frein aux agrocarburants dits de première génération, c’est-à-dire ceux issus des cultures agricoles à vocation alimentaire. Alors que voici quelques temps ils entraient pour 7 % (avec perspective de monter à 10 %) dans l’énergie consommée par les transports, l’Europe a estimé qu’il fallait réduire cette part à 5 % à cause de leur impact négatif en amont sur les productions alimentaires et sur la déforestation.

Présenté à l’origine comme une solution-miracle pour nous affranchir au moins partiellement du pétrole, il est apparu rapidement que le recours aux agrocarburants, produits en particulier dans les pays en développement, menaçait les populations locales et les cultures vivrières en accaparant la terre et les ressources naturelles, tout en présentant un mauvais bilan environnemental. Une ONG installée au Bénin avait lancé un cri d’alarme en ces termes : «  la production d’agrocarburants devient un marché mondial qui donne la priorité aux réservoirs des voitures au détriment des ventres des pauvres !  »

Dans le Dunkerquois, la tête de pont de la filière agrocarburants chez Lesieur à Cappelle-la-Grande, c’est le groupe Sofiprotéol et sa filiale Diester Industrie. Elle y emploie 25 salariés affectés à la production et une dizaine au raffinage. De l’atelier d’estérification sortaient bon an mal an 250 000 tonnes de biodiesel, généreusement subventionné par l’Europe et l’État, ce dernier à hauteur de 250 millions. La baisse de capacité inéluctable consécutive aux décisions de l’UE, l’annonce d’une diminution progressive des subventions, associées toutes deux à la concurrence des biodiesels à base de graisse animale et d’huile usagée réputés plus vertueux, ont donc incité Sofiprotéol à réduire la voilure. Le groupe a décidé d’arrêter la production de deux de ses sept ateliers dont celui de Cappelle-la-Grande.

Sur nos rives disparaîtra donc ce qui semblait être une excellente initiative, ne remplissant malheureusement pas les critères de durabilité, moins “vert” en fait que ce qu’il était censé devoir être. Quant au personnel, il devrait se voir proposer un reclassement au sein du groupe.

 
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