mercredi, 12 décembre 2018|

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On vit une époque formidable ?

L’actualité fourmille d’événements ayant trait à nos modes de vie, aux atteintes à l’environnement, à des décisions prises en haut lieu qui ne dénotent pas toujours d’un grand courage politique et, en tout cas, ne nous préparent pas, non plus qu’à nos descendants, un avenir radieux. L’information qui nous en est faite (quand elle est faite) peut nous interpeller quelques minutes, puis on l’oublie, on passe à autre chose et le tour est joué.

Nous revenons ci-après sur ce qui s’est passé de marquant d’octobre à décembre dernier. Vous verrez : on vit une époque formidable (au sens premier du terme : “ qui inspire de la crainte”). Il est urgent de changer les comportements.

Octobre

  • Pesticides Les médias annoncent que la France se situe au troisième rang mondial pour le recours aux produits phytosanitaires, autrement dit en moins “cool”  : aux pesticides. À la première place de ceux-ci, les herbicides qui, à eux seuls, représentent 40 % des “entrants”. Il est pourtant dit qu’ils appauvrissent les sols, rendent à la longue les nuisibles plus résistants, dégradent la qualité des eaux et altèrent la santé des consommateurs de fruits et légumes traités. 93 % des pesticides sont achetés par et pour l’agriculture qui en use et en abuse pour cultiver les céréales et les oléagineux, également pour la viticulture. En 2008 a été lancé le plan “Ecophyto” qui prévoyait de diminuer en dix ans de 50 % le recours aux pesticides. On n’en prend pas du tout le chemin  : entre 2008 et 2011, leur usage a augmenté de 2,6 %  !
  • Trichloréthylène Le trichloréthylène est enfin déclaré, en tant que solvant, “produit cancérigène”. Le détachant de nos grands-mères, en usage également dans les pressings, est suspecté de favoriser le développement du cancer du rein.
  • Nucléaire Effet Fukushima garanti  : au Japon le périmètre de sécurité autour des centrales nucléaires est porté à 30 kilomètres. Les municipalités ont également été invitées à revoir leurs plans d’évacuation des habitants jusqu’alors limités à 10 km (à noter que c’est encore et toujours ce que le Plan Particulier d’Intervention (PPI) de la centrale de Gravelines, plan révisé l’an dernier, prévoit…). Quant aux exploitants japonais, ils sont vivement incités à rendre leurs centrales résistantes aux tsunamis, aux actes de terrorisme et aux chutes d’avion. Vaste programme  ! Dans la foulée, les autorités indiquent que 40 % des produits pêchés autour de Fukushima sont radioactifs  !
  • Perchlorates Qui cherche trouve  : on a découvert des ions de perchlorates dans l’eau du robinet. Parait que lesdits ions, qui pourraient provenir de munitions abandonnées, de l’industrie pyrotechnique, du carburant issu des fusées, voire des engrais, sévissaient depuis des décennies. Le mal est donc fait  : néanmoins les autorités s’empressent d’inciter les femmes enceintes et les nourrissons à ne pas consommer l’eau dite potable. Chez nous, le Syndicat mixte d’alimentation en eau (SMAERD) et son opérateur “la Lyonnaise” décident de réalimenter la nappe avec l’eau de l’Aa, ce qui a pour effet d’atténuer l’apport de perchlorates.

Novembre

  • Nucléaire Surmenage annoncé chez les agents EDF de la centrale de Gravelines. Les syndicats CGT, FO, CFDT dénoncent les risques psychosociaux, une sous-traitance à outrance, le non-renouvellement des compétences… Tout à fait d’accord  ! Cette année, le record atteint en “écarts” et incidents atteste cette dérive. Et ce n’est pas sûr que cela ira mieux d’ici peu. En cause  : un tiers des agents partiront en retraite d’ici 2 à 3 ans et la soudure avec leurs jeunes remplaçants est loin d’avoir été correctement préparée.À Fukushima, le coût de la catastrophe a été réévalué. Multiplié par 2, il se monte à 100 milliards d’euros, hors démantèlement des réacteurs HS. Un autre tsunami en vue pour les contribuables japonais  !
  • Agrocarburants Les agrocarburants issus de produits végétaux, normalement à vocation alimentaire, sont critiqués comme étant ou pouvant être à l’origine de famines dans les pays pauvres. Lesieur-Cappelle qui en produit via Sofiprotéol croyait avoir trouvé la parade en annonçant, urbi et orbi, que pour une bouteille d’huile achetée, il en enverrait gratuitement une autre vers la Corne de l’Afrique. Les Amis de la Terre ont sèchement épinglé cette opération publicitaire nauséeuse en dénonçant le caractère néfaste de cette activité. Décembre
  • Pollution de l’air L’Institut de Veille Sanitaire réclame des politiques plus radicales pour lutter contre la pollution de l’air. Les émissions de particules fines (poussières) sont hautement nocives pour la santé, indique-t-il. Il est en effet établi que les nuisances atmosphériques sont responsables en France chaque année de plusieurs dizaines de milliers de morts.
  • Nucléaire En 7 ans (2005-2012), le coût de l’EPR, fleuron d’Areva, a été multiplié quasiment par trois, passant de 3,3 à 8,8 milliards d’euros. Aucun EPR n’est en service et ce n’est sans doute pas fini. Le mythe de l’électricité la moins chère au monde s’effondre…
  • Changement climatique Réunie à Doha, la conférence mondiale sur le changement climatique accouche d’une souris. La plupart des pays riches ne veulent pas remettre en cause leur mode de vie. L’effet de serre a encore de beaux jours devant lui.
  • Transition énergétique En France le débat initié sur la transition énergétique commence mal. Constitué par la ministre de l’Environnement, le comité de pilotage restreint comprend en son sein deux pro-nucléaires de choc, dont Anne Lauvergeon, ex-patronne d’Areva. Du coup, Greenpeace et les Amis de la Terre s’en retirent avant même que les discussions aient été engagées.
 
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