mercredi, 17 octobre 2018|

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Pollution de l’air : un risque sanitaire avéré

Notre région est l’une des plus impactées par la pollution aux particules fines (ou poussières fines). Elle fait partie des cinq régions françaises dépassant de manière récurrente les valeurs limites de qualité de l’air. L’Europe menace la France de pénalités financières pour non-respect des normes pour ce paramètre “poussières fines”. Notre littoral est concerné au premier chef par cette pollution ambiante due essentiellement au secteur des transports et du chauffage domestique. Mais il ne faut pas perdre de vue que le littoral dunkerquois est également toujours en bonne place sur le podium des champions des émissions d’origine industrielle avec au palmarès régional 2010 : Arcelor-Mittal premier émetteur régional pour le CO2, le SO2 et les poussières ; DK6 et feu la raffinerie Total à la deuxième place pour respectivement le CO2 et le SO2 ; Aluminium-Dunkerque à la troisième place pour les poussières. Selon l’université du littoral, la contribution moyenne des sources industrielles serait chez nous de 17 %. En outre, le trafic maritime par la combustion de fuel lourd n’est pas exempt de responsabilités dans une région bordée par une des mers les plus fréquentées du monde. Voilà pour le constat très rapide de la situation.

L’institut de veille sanitaire (InVS) vient de tirer la sonnette d’alarme, la pollution de l’air a un coût sanitaire considérable puisqu’on estime à 42 000 décès par an en France dus à cette pollution. On sait aussi que la pollution atmosphérique est directement responsable de certaines pathologies (15 à 30 % des crises d’asthme chez les enfants, maladies cardio-vasculaires chez l’adulte, certains cancers). Il y a là un enjeu de santé considérable. Une étude de dimension européenne dénommée Aphekom estime le gain en espérance de vie que provoquerait une réduction durable du taux des particules fines PM 2,5 à 12 mois en passant d’un taux de 25µg/m3 à 10µg/m3 d’air. Soit une année de vie de gagnée pour tous !

Parmi ces particules, celles des moteurs diesel sont particulièrement montrées du doigt. Selon l’OMS, les gaz émis par les moteurs diesel sont impliqués dans les tumeurs du poumon et de la vessie. Or en France, 60 % des véhicules sont équipés de moteurs diesel, c’est une spécificité française ! Ce constat n’est pas nouveau, il y a 10 ans déjà nous participions à l’élaboration du plan de protection de l’atmosphère (PPA) qui aurait dû être réactualisé depuis. Ce n’est qu’en 2012, pressés par l’Europe, que les services de l’État ont relancé cette actualisation des PPA en les régionalisant. Il s’agit de fixer des objectifs quantifiés de réduction d’émissions.

Ainsi dans le secteur des transports, il est question de ramener la vitesse limite sur autoroute à 110 km/h dans toute la région, et dans le domaine du chauffage domestique les foyers ouverts (sans filtration) des cheminées seront proscrits. Dans le domaine agricole, des restrictions d’épandages seront prescrites en cas de dépassement du seuil d’alerte “particules”. On peut relever aussi le rappel de l’interdiction de brûlage des déchets verts et des déchets de chantier. Voilà des mesures concrètes prescrites par le PPA régional en cours d’élaboration. Mais pour limiter ces émissions, il s’agit de revoir nos modes de vie, notamment nos modes de déplacement. Ce n’est qu’avec d’ambitieuses politiques publiques des déplacements que l’on pourra diminuer la place de la voiture dans nos grandes agglomérations. Il faudra aussi songer à revoir la part des moteurs diesel dans le parc automobile français.

Les associations de défense de l’environnement ont été associées à l’écriture du PPA, mais sa nouvelle forme régionale a conduit l’administration à organiser les groupes de travail à l’échelle de toute la région. Les réunions de travail se sont tenues à Lille, ce qui a eu pour effet d’éloigner les associations locales de la concertation régionale car on ne peut pas toujours se déplacer à Lille et libérer du temps dans un cadre purement bénévole. Autrefois la concertation se menait au niveau des territoires locaux, on peut regretter ce changement dans le mode de gouvernance. Espérons toutefois qu’un PPA réellement ambitieux sera rapidement validé par le Préfet de région. Il en va de la santé publique.

 
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