lundi, 9 décembre 2019|

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Pourquoi toujours ajouter du risque aux risques ?

État des lieux en France…

On dénombre en France environ 500000 Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE), regroupées en trois catégories : 450000 d’entre elles font l’objet d’une simple déclaration, 36000 sont dites enregistrées et 15000 autorisées. Précédemment, la catégorie “enregistrées” n’existait pas et les ICPE qui désormais en relèvent faisaient partie de la catégorie “autorisées”, beaucoup plus contraignante. En effet une autorisation d’installation n’est délivrée qu’après étude d’impact contrôlée par les inspecteurs des installations classées (DREAL) et après enquête publique. C’est dire, entre autres, qu’avec l’apparition de cette nouvelle catégorie la population est désormais moins consultée qu’auparavant sur la dangerosité des industries dont elle est riveraine… 1200 entreprises industrielles relèvent de la directive Seveso seuil haut et sont donc susceptibles d’être confrontées à un accident majeur. Suite à l’accident d’AZF, elles sont soumises à un Plan de Prévention des Risques Technologiques (PPRT), la plupart en cours d’élaboration alors qu’ils auraient dû être tous achevés fin 2008 ! 1200 inspecteurs (seulement) assurent le contrôle des sites Seveso et des ICPE ! 9 millions de Français sont directement concernés par la présence dans leur environnement d’une ou plusieurs industries à risques. 900 communes sont situées en première ligne. Chacun de nous est concerné par les “Seveso mobiles” (ou en stationnement plus ou moins temporaire) que sont : • les Transports de Matières Dangereuses (TMD) routiers et ferroviaires, éventuellement par les TMD maritimes ou fluviaux. • Les canalisations souterraines, plus rarement aériennes, véhiculant des fluides dangereux  : gaz, hydrocarbures, hydrogène, ammoniac, etc.

...et sur le littoral dunkerquois

Avec Fos-sur-Mer, Feyzin (“le couloir de la chimie”), la vallée de la Basse-Seine, le littoral dunkerquois est l’un des sites hexagonaux les plus chargés en entreprises à risques. On y dénombre en effet : • une centrale nucléaire à 6 réacteurs, la 3e au monde en terme de puissance installée relevant d’une réglementation particulière non-Seveso. • 14 sites Seveso seuil haut, si l’on intègre Minakem - site Astrazeneca sur le point de le devenir, mais sans prendre en compte le projet de terminal méthanier, des centaines d’ICPE oeuvrant dans la sidérurgie-métallurgie, la pétrochimie, le stockage, les déchets, l’alimentaire, etc. • Le troisième port de France en bordure de l’une des mers les plus fréquentées du monde (400 bateaux/jour dont un bon nombre de TMD). • Un trafic TMD intense notamment sur l’A 16, axe Europe du Nord - Tunnel sous la Manche. Confronté à un développement économique ayant fait la part belle aux risques permanents dont on ne saurait exclure la pollution chronique, le littoral dunkerquois n’en tire guère de bénéfices, bien au contraire. Le chômage affecte 13 % de la population, soit 4 points de plus que la moyenne nationale, et la situation sanitaire y est préoccupante : ainsi selon une étude de l’Observatoire Régional de la Santé, pour la mortalité des hommes avant 65 ans la Communauté Urbaine de Dunkerque occupe le 169e rang sur 173 regroupements de communes étudiés.

 
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