vendredi, 17 août 2018|

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(Re)vivre à la campagne

La Ferme des Ânes , c’est beaucoup plus qu’un lieu, depuis 2002, c’est une association loi 1901. On y (re)découvre les trésors simples de la nature qui participent aussi à notre “prospérité”…(en période de crise c’est utile  !). Ici on cultive la diversité biologique et culturelle…La terre y est un milieu vivant, source de nourriture et de refuge pour tous.

Cette petite ferme nichée au cœur des anciens polders de Flandres Maritimes, minuscule réserve naturelle de 3 hectares gérée de manière associative, vise à l’autosuffisance alimentaire, et certains y rêvent même d’autosuffisance énergétique…

Comme son nom l’indique, à la ferme les ânes sont porteurs de nos maux… On y cultive la terre bien sûr et de manière “bio”, mais aussi une certaine forme de solidarité envers les plus démunis, l’expression y est libre pour mettre en valeur la parole de tous (même le “braiment” des ânes).

Le coucou n’est pas encore arrivé, mais le printemps pointe le bout de son nez avec le museau rose des chevreaux nouveaux nés… Après avoir participé à la chaîne humaine et parisienne contre la menace, impalpable et omniprésente des centrales nucléaires, d’ici et de partout… Retour des fermiers en terre flamande et maritime où se profilent désormais au loin les grues gigantesques d’un projet titanesque de terminal méthanier finissant de raser les derniers vestiges des plus belles dunes de la côte que furent les dunes de « feu » le hameau du Clipon…

Après un hiver long, les habitants de la ferme savourent la fermeture saisonnière des 5 huttes de chasse qui les entourent et qui “ferraillent” à tout va nuit et jour, depuis 7 mois. Notre oasis pour migrateurs et autres limicoles est trop petite  : vanneaux et avocettes sont obligés de se battre contre des bandes de faisans d’élevage introduits artificiellement, les pâtures inondables ont disparu au profit de champs cultivés, rechargés de terre inconnue, chargée de détritus… Les bords de fossés, cultivés à outrance n’ayant plus de roseaux n’abritent donc plus les seigneurs de ces lieux ; le busard des roseaux, le hibou des marais…

Mais sans se laisser abattre ouvrons les fenêtres afin de profiter des premiers rayons chauds du soleil… et empressons-nous de les refermer, un foulard sur la bouche, pour ne pas inhaler les vapeurs toxiques qu’épand le voisin sur son champ  ! Croyant me rafraîchir, j’ouvre le robinet pour remplir un verre d’eau désormais polluée par des ions perchloratés…

Il faudra tout à l’heure abreuver ânes, chèvres et poules avec le restant d’eau brunâtre du watergang voisin pompé non par un moulin à vent (comme avant, puisque le vent souffle toujours ici) mais par des pompes toutes électriques au débit tellement fort que les civelles ne peuvent plus passer, que les pompiers ne peuvent plus pomper (en cas d’incendie de ferme isolée) et que les grenouilles ne sont plus là pour chanter  ! Mais “trèfle de pâquerette”, nous irons ce soir romantique à la lueur de la torchère de Poliméri, grâce à laquelle le ciel prendra de belles couleurs changeantes et rougeoyantes, et nous marcherons peut être sur un bout de chemin échappant aux voitures, déplorant la disparition des derniers saules têtards et de la chevêche qui y nichait, ah oui, mais zut  ! le chemin est désormais sans issue… Mais qu’importe, le chant des vanneaux, chevaliers, avocettes et courlis, nous surprennent à rêver à de nouveaux chemins… (quelle bande d’utopistes  !).

Et voilà qu’après ces prémices de printemps, l’hiver nous offre un ultime assaut, alors on se réchauffe autour du feu (de bois), on se charge de chaleur humaine dans les dernières bandes de carnaval, sous la fumée des 14 sites Seveso qui nous rendent tous tuberculeux… mais «  on s’en fout on a bonne mine, on est des carnavaleux…  !  ».

Alors en ce printemps poétique à la ferme on cultive l’espoir d’un “chamboul’tout’” écologique. En marchant au pas de l’âne  : la lenteur révèle des choses cachées par la vitesse…En aiguisant nos sens par le bonheur d’être “en route”. En ouvrant les yeux, c’est un antidote au désespoir. En découvrant dans la nature ces concepts fondamentaux que sont la communauté, l’interdépendance, l’adaptation, l’énergie, les cycles et les changements.

Quel bonheur de vivre à la campagne !

 
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