vendredi, 7 août 2020|

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Risques technologiques : on n’est pas sorti de l’auberge

L’onde de choc provoquée, il y a à peine quelques mois, par le désastre de Fukushima, a-t-elle déjà été absorbée en France par les lobbies omnipotents, soucieux avant tout de préserver, quoi qu’il nous en coûte, leurs prérogatives et leurs intérêts fastueux ? On peut le penser.

Il est en effet des signes qui ne trompent pas. Ainsi par exemple la commande passée en octobre dernier par EDF de 44 générateurs de vapeur (GV) destinés à remplacer ceux devenus obsolètes. Coût : 1,5 milliard d’euros ! Or il faut le savoir : éléments essentiels dans le processus de production d’électricité, les GV sont faits pour durer au minimum 30 ans. Notre parc de réacteurs étant en train de passer progressivement le cap des trente ans, en clair cela veut dire qu’EDF entend poursuivre l’exploitation de ses réacteurs… jusqu’à 60 ans, anticipant ainsi à nos risques et périls sur des stratégies énergétiques que Tchernobyl et Fukushima n’auraient même pas ébranlées. L’Allemagne, l’Italie, le Japon, la Belgique, etc., autres pays dits développés, tirent les leçons des catastrophes et planchent sur des stratégies de transition. La France nucléarisée cultive ses certitudes. Et Fessenheim continue… Ce qui se passe pour l’industrie nucléaire se vérifie aussi dans bien des domaines au pays où le Grenelle de l’Environnement fait long feu et ne conserve au mieux qu’une valeur d’affichage.

Tenez pour continuer dans l’énergie, prenons pour exemples les énergies renouvelables dont on nous promettait monts et merveilles : la baudruche s’est sacrément dégonflée avec la mise sous l’éteignoir de l’éolien et du solaire. Nos éoliennes seront allemandes, nos panneaux photovoltaïques chinois. Quant aux nombreux emplois que promettaient ces filières, ils se sont envolés sous la pression de lobbies, EDF en tête que l’on sait particulièrement bien en cour. Dans nombre d’autres domaines, le catalogue des bonnes intentions affichées s’est trouvé vidé de sa substance. Adieu la taxe carbone, oubliés la taxe poids lourd et le ferroutage, renvoyée aux calendes grecques la fin des OGM. Les algues vertes ont encore devant elles un bel avenir avec l’ouverture récente des vannes à nitrates. Pesticides aidant, on n’est pas près de voir nos canaux et plans d’eau retrouver un semblant de virginité…

Ce constat de non-vertu, applicable dans le désordre à l’incinération, Cruiser, le régime d’autorisation simplifiée (donc moins de contrôle !) octroyé à 30 % des installations industrielles (ICPE), etc., etc. se vérifie sous nos fenêtres. L’exemple le plus emblématique - l’ADELFA a de la suite dans les idées ! - en est la mise en chantier du terminal méthanier, nouveau fleuron du “pôle énergétique européen” bâti sur notre littoral exclusivement sur un panel d’énergies fossiles non-renouvelables. Ardemment souhaitée, cette installation verra un gazoduc côtoyer du côté de Mardyck un concentré de sites Seveso comme il en existe peu. Ajouter du risque au risque, nos décideurs savent faire. Pas davantage que Fukushima, Polimeri, qui vient de l’échapper belle, ne saurait les inciter à cultiver le principe de précaution.

 
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