mercredi, 8 juillet 2020|

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Submersions marines : on est loin d’être à l’abri

Le 1er février 1953, en pleine nuit, à la suite d’une violente tempête ayant provoqué une surcote des eaux de l’ordre de 2,50 m, une brèche prenait naissance dans la digue Tixier et les flots se déversaient dans le canal exutoire qui finissait par déborder. Tout un quartier de Rosendaël, du stade Tribut au Coq Blanc, était envahi par les eaux inondant caves et rez-dechaussée de nombreuses habitations. L’on avait échappé au pire, puisque la même nuit un raz de marée submergeait une partie des Pays-Bas et, dans une moindre mesure, la Belgique provoquant des centaines de mort.

La Mer du Nord récidiva à diverses reprises, mais de manière moins catastrophique, nous rappelant toutefois opportunément que nous résidons sur un polder. En avions-nous tiré des conclusions en mettant sur pied d’importants programmes de prévention à l’instar de nos voisins belges et hollandais ? Pas vraiment. De fait, il a fallu que survienne en février 2010 en Vendée la désastreuse tempête Xynthia et ses 53 morts pour que les décideurs tirent enfin la sonnette d’alarme et commencent à parler “Plan Digue”, “Plan de Prévention des Risques Littoraux” (PPRL), Comité de Concertation.

L’ADELFA a été invitée à participer à deux réunions du PPRL, l’une à la sous-préfecture, l’autre à Oye- Plage, notre littoral ayant été en quelque sorte scindé en deux : la partie est de l’agglomération dunkerquoise, les confins du Pas-de-Calais de Gravelines à Oye-Plage. Managées par la Direction Départementale des Territoires et de la Mer (DDTM) qui, d’évidence, avait déjà tenu un certain nombre de réunions préalables, les (rares) représentants associatifs présents ont eu de ce fait le sentiment d’avoir été invités à prendre le train en marche, dans la mesure où ledit PPRL a été prescrit en septembre 2011… Nonobstant, on retiendra que, s’agissant du secteur est, la DDTM a pointé du doigt quatre “points faibles” : les digues Tixier et des Alliés, Bray-Dunes centre et Perroquet. À noter que dans le premier cas cité, le plus préoccupant, la submersion marine pourrait gagner par le canal exutoire, puis via le canal de Furnes, le sud de Bray-Dunes ! Sur la partie ouest qui, curieusement, n’intègre pas le site de la centrale nucléaire de Gravelines supposé préservé de toute mauvaise surprise (?), le souci primordial, c’est le quartier des Escardines et ses 156 habitations sis en contrebas d’une dune dès à présent attaquée par l’érosion marine. Les premiers documents réglementaires de ce PPRL devraient sortir en 2013. S’agissant des études en cours, l’ADELFA observe que pour le moment le lien n’apparaît pas suffisamment établi au sein du comité de concertation entre submersion marine et inondation venant de l’intérieur, suite par exemple à une défaillance du système des waeteringues. De même les effets du dérèglement climatique accompagnant une montée progressive de la mer sont peu ou prou minimisés.

Autre problématique sous-jacente, la volonté de certains élus de sous-évaluer les risques, histoire de pouvoir continuer à urbaniser des secteurs qui pourraient pourtant être affectés plus ou moins gravement par une inondation. C’est un peu la même approche, on le verra ci-après, que pour les risques technologiques et les PPRT. D’évidence, toutes les leçons de Xynthia n’ont pas encore été tirées. Raison de plus pour que l’ADELFA reste attentive et vigilante.

N.B. Il existe une cartographie provisoire des secteurs susceptibles d’être touchés par la submersion marine. On la trouve via Google sur le site “alea submersion marine”.

 
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