lundi, 16 juillet 2018|

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Tarification de l’eau : économies et prix modulés, mais...

Sur fond de crise et de chômage, le pourcentage des précaires en France ne cesse de croître. Selon les statistiques officielles, ils constituent en effet actuellement 14,1 % de la population.

La précarité touche d’évidence notre littoral de manière encore plus prégnante puisque le taux de chômage y est supérieur de 2 points (12,5 % environ) à la moyenne nationale. Il ne faut pas s’étonner dès lors que des individus, des ménages éprouvent les pires difficultés à régler des factures de produits aussi basiques que l’énergie et l’eau.

Certes s’agissant de l’eau par exemple, via les CCAS, les collectivités ont mis en place des systèmes d’aides en faveur de leurs administrés les plus défavorisés. Mais en mettant aussi l’accent sur des usages, des pratiques plus économes du précieux liquide, en instaurant une tarification progressive en fonction de la composition et des revenus des familles, elles peuvent encore faire davantage.

En pointe

Cette démarche pionnière, la Communauté Urbaine de Dunkerque vient de la mettre en pratique. Depuis le 1er octobre, elle a instauré la tarification dite “éco-solidaire”.

De quoi s’agit-il ? • Premier principe, l’eau vitale, dite “essentielle”, celle dont on a besoin quotidiennement pour l’hygiène et l’alimentation, baisse pour tout le monde de 20 %, et même de 70 % pour les titulaires de la couverture maladie universelle (CMU), soit les personnes disposant de faibles ressources. Ainsi sur la base de 75 m3 de consommation annuelle, au lieu de payer comme actuellement 1,01 € le m3, le tarif, c’est 0,83 €, voire 0,32 si vous êtes assujettis à la CMU (environ 10 % des 86.000 foyers du Dunkerquois)

• Pour l’eau dite “utile”, soit au-delà de 75 m3 et jusqu’à 200 m3 de consommation annuelle, le prix est relevé à 1,53 € le m3.

• Enfin pour l’eau de “confort”, celle que vous utilisez pour remplir une piscine, arroser votre jardin, etc., logiquement l’addition sera plus corsée, puisque pour ce qui dépasse les 200 m3, vous paierez 2,04 € le m3.

Économies en vue

Progressive donc, cette tarification new-look a aussi pour but avoué d’inciter les consommateurs à économiser ce bien précieux qu’est l’eau potable. Ce qui d’ailleurs – on le notera au passage – ne peut qu’avoir des incidences positives sur le montant de la facture à régler. C’est dire que l’expression “tarification éco-solidaire” se justifie donc pleinement.

À noter que les entreprises dont la consommation d’eau potable est fonction de divers paramètres : taille, process utilisé, nombre de salariés, etc. participent également à la démarche, puisqu’un centime sera prélevé sur les 1,05 €/m3 qu’elles règlent pour être redistribué aux plus méritantes ayant réalisé des investissements pour économiser la ressource.

Faire encore mieux

La nouvelle formule qui donnera lieu à des évaluations opérées par un Observatoire qu’il reste à constituer est indéniablement novatrice et positive.

De notre point de vue, nous ajouterons toutefois qu’elle le serait mathématiquement davantage si, à la base, le prix de l’eau sur le littoral, boosté certes par l’éloignement à 50 km de la ressource (l’eau nous vient des collines de l’Audomarois) et par le coût de l’assainissement, n’atteignait pas des sommets (4,24 € en 2012 contre 3,09 € en moyenne en France). Siégeant au sein du SMAERD, le syndicat mixte qui gère l’eau, l’Adelfa ne désespère pas d’obtenir un jour de la collectivité et du délégataire, la Lyonnaise des Eaux, “le (plus) juste prix”. J.S.

 
A propos de adelfa.org
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