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Terminal méthanier : beaucoup de questions en suspens...

Projet lancé en 2006, soumis à débat public en 2007 puis à enquête publique en 2009, confirmé en 2008 puis en 2011… et toujours pas suffisamment d’informations !

Certes il s’agit d’un projet économico-financier. Mais quand même, il y a là un équipement industrialo-portuaire qui va “impacter” le territoire dunkerquois et ses habitants. Pour avoir suivi tous les échanges institutionnalisés sur ce projet, les associations locales de défense de l’environnement devraient en connaître tous les aspects. Eh bien non. Sur certains points, et non des moindres, c’est le vide en face d’elles…

Petite liste de grandes questions

Où seront basés les services de secours qui doivent intervenir par mer en cas d’accident ? (L’arrêté préfectoral d’autorisation d’exploitation du terminal méthanier impose un groupe d’intervention de 4 véhicules par “barge” et un quai de débarquement dans l’enceinte du terminal, un site Seveso devant avoir deux entrées pour les secours).

Quelles sont les conclusions des études sur la canalisation qui doit amener de l’eau chaude de la centrale nucléaire au terminal méthanier pour réchauffer le méthane ? Cette canalisation doit être enfouie dans le chenal du Port Ouest.

Comment sera pris en compte l’avis de l’Autorité de Sureté Nucléaire (ASN) sur les études d’impact liées à la proximité centrale/appontements pétroliers et terminal méthanier ?

Comment va se régler le problème de l’hébergement des ouvriers pendant les chantiers ? En juillet 2008, lors du seul Comité de pilotage du projet de terminal à avoir été réuni, la CUD s’en inquiétait - d’autant plus qu’elle comptait bien être une des bases arrières des JO de 2012 à Londres.

Quelles solutions vont être apportées à l’accroissement du trafic routier généré par les chantiers (soit 3 ans) ? Un rapport de la DREAL de 2010 relevait une circulation pour les chantiers du terminal de près de 900 véhicules par jour en période de pointe et un trafic moyen estimé à 450 véhicules par jour. Ce qui revient à une augmentation de fréquentation des infrastructures d’accès (A16, RN1, RN316 etc.) de 1,8 à 8,8 %.

Quand vont commencer les chantiers pour la canalisation allant du terminal à Pitgam (et au-delà) et pour la station de Pitgam ?

Alors que le COPIL, comité de pilotage commun pour les deux sites Natura 2000 en mer vient d’être mis en place (6 juin 2011), quelles sont les conclusions pour ce qui est du cumul des dragages et immersions en mer des dépôts de dragage… qui se feront dans ces sites Natura 2000 en mer ? Quels seront les volumes dragués et immergés ? Autorisé à immerger 3,5 millions de m3 en mer, le GPMD les monte à 5 millions de m3 dans les appels d’offres pour les entreprises…

Quelles seront les interactions en termes de transit de navires dans le Port Ouest (notamment) lorsque démarreront les creusements et exploitations des bassins Baltique et Pacifique ? La mise en service du Bassin Pacifique est prévue en 2018, selon une réponse parlementaire en date d’avril 2011. Pour info, les investissements pour le creusement du Bassin Baltique sont estimés à 220 millions d’euros et pour la Bassin Pacifique à 225 millions d’euros.

Il est dit que des entreprises voisines pourraient utiliser les frigories dégagées par le terminal. Que penser en lisant les observations du compte rendu du débat public (fin 2010) sur les échanges de frigories dans le projet de terminal Fos Faster ? :

  • « la mise en place de telles procédures [valorisation complémentaire et échanges industriels] doit être pensée dès le départ, dès l’étude des projets. Y revenir ultérieurement, a fortiori plusieurs années après le lancement des installations industrielles est illusoire et économiquement disqualifiant ».
  • Ou encore : « Lorsque les entreprises sont classées “Seveso seuil haut”, les cercles de danger qu’elles représentent éloignent, par nature, tout autre industriel de son périmètre proche. La synergie industrielle impose, à l’inverse, une proximité entre les sites d’échanges… Une synergie dans le temps aussi entre industries qui travaillent parallèlement mais avec des cycles différents ».

Enfin, et puis qu’il s’agit d’un projet économico-financier : avec quels investisseurs partenaires EDF s’est-il engagé, le 3 mai 2011, dans la construction et l’exploitation de ce terminal ? À ce jour, seul Total a confirmé son investissement (10 % du capital). En 2010, étaient pressentis : EnBW (Allemagne) et Gas natural (Espagne). Mais fin 2010, EDF a été contraint de céder ses 45 % du capital d’EnBW à l’État local (land) pour 4,7 milliards d’euros. Alors, EnBW déclarait prendre 4 mois pour réévaluer l’intérêt de sa participation au terminal méthanier de Dunkerque. Disons pour la fin avril 2011 ? Nous sommes fin juin 2011… comme d’autres, nous attendons*.

- Quelques questions sans réponses. Il en reste beaucoup parmi toutes les questions qu’ont pu poser les associations.

* NDLR : Le jour de la mise en ligne des articles (29 juin 11), la presse diffusait la confirmation d’EDF d’implanter le terminal méthanier pour un coût total annoncé de 1,5 milliard d’€. Soit : 1 milliard pour Dunkerque LNG, 130 millions pour Dunkerque Port et 500 millions pour GRT Gaz ( 1,5 ou 1,630 milliard ou ?). Total prend 10% des financements du projet (100 millions), Fluxys prend 25% (250 millions)...et EDF (650 millions).

 
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