mercredi, 29 janvier 2020|

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Pas seulement une technique : un système politique

À l’instar du Japon, la France s’est engagée à fond depuis plusieurs décennies dans le nucléaire dit civil. Une décision dont on connaît les résultats : 58 réacteurs implantés fournissant 80 % de notre énergie électrique, un record absolu ! Et tout cela, sans que cette option du tout-nucléaire (enfin presque !) n’ait jamais fait l’objet du moindre débat public.

Pour mémoire, on rappellera que le Parlement n’a produit, excusez du peu, que deux lois en 2006 sur une question aussi fondamentale : l’une fut la loi sur les déchets radioactifs et l’autre sur la transparence (TSN). Ce qui rétrospectivement prête à sourire… Il est vrai que les parlementaires, y compris les nôtres, riverains du site de Gravelines, n’ont jamais fréquenté, ne serait-ce qu’une fois, une Commission Locale d’Information (CLI), ce qui leur confère le droit, semble-t-il, de légiférer très occasionnellement en parfaite méconnaissance de cause.

En fait le nucléaire civil en France a été “confisqué” de tout temps par un lobby technocratique et antidémocratique et relève en dernier ressort du “domaine réservé” présidentiel. Ce n’est donc pas un hasard si on confère au citoyen le droit de s’exprimer une fois que le choix d’un EPR à Flamanville ou à Penly est arrêté, si le président de la République, jouant en solo les VRP de luxe, négocie avec Kadhafi la vente d’une centrale, une idée géniale au vu de ce qu’il est advenu ensuite en Lybie, si EDF et AREVA arrosent abondamment les communes qui acceptent une implantation (voir les aménagements urbains et sportifs par exemple alloués à Gravelines) et via la publicité, les médias qui se montrent compréhensifs.

Puisque les événements survenus au Japon attestent que, contrairement aux propos lénifiants tenus notamment en toutes occasions par le directeur de la centrale gravelinoise, un accident majeur (“moins d’une occurrence sur un million”, claironnait-il encore en janvier dernier !) est possible dans une centrale exploitée par un pays à la pointe de la technique, on aurait pu espérer que chez nous, nos décideurs fassent montre au moment de Fukushima d’un peu plus d’esprit de responsabilité. Il semble bien qu’il n’en sera rien, les apprentis-sorciers aux commandes comptent bien, à les entendre, persévérer dans la démesure et la fuite en avant.
J.S.

 
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